Catherine Lommer dédicace Les gardiens de l'espoir

Publié le 28 janvier 2016 à 22h25 | Vu 1273 fois
Catherine Lommer dédicace Les gardiens de l'espoir

Catherine Lommer, la présidente de l'association Cats, se bat depuis 35 ans pour protéger et faire respecter les animaux. Elle a publié en août dernier un magnifique livre retraçant son combat pour la cause animale, intitulé Les gardiens de l'espoir, et sera en séance de dédicaces vendredi 29 janvier dans les locaux du Mémorial de l'Isère, de 15h à 17h.

Les gardiens de l'espoir est une véritbale déclaration d'amour aux animaux. Un ouvrage fort et touchant, agrémenté de photos, et dans lequel Caterine Lommer relate avec émotion de belles histoires avec des chats, des chiens, des chevaux… et les rencontres humaines qui en ont découlé.

Catherine Lommer dédicacera son ouvrage Les gardiens de l'espoir vendredi 29 janvier, de 15h à 17h, dans les locaux du Mémorial de l’Isère - 2 rue Lafontaine, 38160 Saint-Marcellin. Ouvrage en vente sur place : 12€.

 

Mémolive a sélectionné pour vous l'histoire de Basile publiée dans Les gardiens de l'espoir :

Cet hiver-là, je réponds aux SOS concernant les chats des cités de Meaux. Quelques bénévoles qui souhaitent créer leur association m’ont demandé de l’aide. C'est ainsi que je récupérais trois chatons d'environ trois semaines, trempés et transis de froid. Balancés dans un taillis à la tombée de la nuit, ils avaient échappé à un molosse qui, les ayant reniflés, voulait leur jeter un sort.

Ramassés à la hâte par une bonne âme, c'est dans un carton qu'ils trouvent leur premier refuge avant d'arriver chez moi… J'ouvre la boîte et découvre trois petits corps pelotonnés les uns contre les autres, apeurés. Comment pouvait-il en être autrement ? La pluie, le froid, les aboiements avaient remplacé la douceur du ventre maternel. Je les laisse un peu au calme le temps de préparer leur nid.

Quelques lainages, une minuscule litière, puis j’installe leur cage devant le poêle où de belles flammes dansent derrière la vitre. Quelques minutes plus tard, le biberon rempli de lait maternisé, je saisis délicatement une boule de poils angora noire toute tremblante. La goutte de lait bien chaud, volontairement tombée sous son nez, est vite aspirée et c'est avidement que sa bouche tente de s'emparer maladroitement de cette drôle de mamelle en caoutchouc. Tant bien que mal, elle réussit à téter. Puis d'un coup, sa tête glisse sur le côté, repue, elle dort. Doucement, je la redépose dans la laine douillette.

Puis vient le tour du deuxième,, un mâle couleur chartreux qui, comme sa sœur, après quelques hésitations, comprend le système et aussitôt rassasié va la rejoindre au pays des rêves.

Enfin le dernier. On dirait un petit rat noir. Il lui manque des poils par endroits : surtout autour des yeux, de gros yeux, tout ronds, curieux de tout. Il gesticule nerveusement et ressemble à un bébé singe. A l'instant où il sent l'odeur du lait sur la tétine il l'aspire si goulûment que les parois se collent l'une contre l'autre dans un sifflement prolongé.

Allongé sur le dos dans le creux de ma main, il avale en émettant des gémissements de plaisir. Je contemple, amusée, son gros ventre lisse, ses pattes pelées tombant le long de son corps si fragile. Puis il ferme les yeux, un peu de lait coulant le long de ses babines. Un dernier biberon vers 23 heures et j'espère dormir jusqu'au matin. Mais, inquiète, vers quatre heures, je me hasarde dans la cuisine et là, à la lueur du feu, je surprends "mon petit rat" assis derrière les barreaux de sa cage, fixant les flammes, comme fasciné.

Il est tout chaud, tel un petit pain sortant du four.

 

Je prépare son lait tout en le câlinant. Bien installée près du feu, je suis émerveillée de voir ce chaton malingre poser ses deux pattes avant autour du biberon, les yeux vifs, brillants, attentif : le repas, c'est du sérieux.

Les deux autres dorment. Les nuits suivantes, vers la même heure," il " m'attend, non pas tourné vers les flammes, mais vers la porte de la chambre. Nous avons, tous deux, notre moment de complicité, lui en confiance, ronronnant  de bonheur et moi persuadée qu'avec son physique ingrat, il ne séduira aucun adoptant.

Puis, très vite tout ce petit monde se met à jouer, à crapahuter, le jour, la nuit. Rapidement propres, ils apprennent vite le chemin de la litière. Ils mangent maintenant normalement, vermifugés, en pleine forme et en âge d'être placés.

La nuit, ils dorment dans leur cage, la journée ils s’ébattent dans ma chambre. C'est là qu'Eliane, une adoptante, recommandée par une amie, fait leur connaissance. Son choix ? Une petite femelle : plus douce et plus câline que les mâles, selon elle. Attirée immédiatement par la chatte noire angora, elle la prend contre elle, mais la belle indifférente ne pense qu'à s'échapper pour aller jouer. Déçue, Eliane, admire le petit chartreux.

« Tu n'auras pas de mal à trouver un maître avec une si belle couleur ». Ce n'est pas comme toi, avoue-t-elle en caressant mon petit rat. C'est rare de voir un chaton aussi vilain !

Pourtant, il est attachant, malicieux, intelligent. Je lui parle de notre complicité, la nuit, de mon regret de voir à quel point le physique peut influencer. Emue à son tour, elle l'observe d'un œil nouveau. Tout fier d'attirer son attention, tel un comédien en passe d'obtenir son meilleur rôle, il fait son numéro. Il roule sur le dos, joue avec sa queue, puis se met à tourner en rond avant de se blottir en ronronnant contre celle qu'il a décidé de séduire. Les yeux humides Eliane m'annonce : « Je l'adopte ! » Vous êtes sûre ? De toute façon je veux faire une bonne action. Autant donner sa chance au plus ingrat, et puis, il peut s'arranger.

 

Elle ne pensait pas si bien dire ! Basile est devenu un magnifique chat au pelage noir brillant. A sa beauté s'ajoute son espièglerie « malin comme un singe ». Il adore tout ce qui brille, il vole, pour jouer, les bijoux de sa maîtresse, les transporte dans sa gueule et fait le tour de la maison.

Il grimpe au noisetier, tout en haut, teste une branche fine, flexible, s'y hasarde avec la grâce d'un félin, puis, presque à l'extrémité s'y installe, se relève et s'assoit de manière à ce que la branche se balance et lui, en équilibre dessus, est tout content de sa trouvaille. Dès que le balancement s'arrête, il remet ça. Lorsqu'il attrape un oiseau, c'est pour jouer. Il l'apporte tout fier à ses maîtres, seulement délicatement coincé dans sa gueule, la proie vite libérée, s'envole sans demander son reste. Jamais il n'en a blessé aucun : c'est juste pour jouer.

Et puis, le rituel dans la salle de bains. Le mari d'Eliane, avant de prendre sa douche, doit ouvrir légèrement le robinet du lavabo. Du léger filet d'eau qui s'en échappe Basile en fait un jeu. Il mouille sa patte, se rafraîchit les oreilles et termine la tête trempée. Il aime ça, cela lui fait du bien. Il ressemble ainsi à son maître lorsque celui sort de la douche avec ses cheveux mouillés !

Son talent ne s'arrête pas là. Son art est payant. En effet, Basile, à sa façon, a permis à l'association, dans une phase difficile, de bien se renflouer. Voici comment. Le soir du réveillon de Noël 1998, il demeurait introuvable. Sa maîtresse, pourtant habituée à ses frasques, commençait à s'inquiéter. Ne le trouvant nulle part, elle mit tout le monde à contribution. Tout à coup, un des invités, n'en croyant pas ses yeux, pointa son doigt vers le sapin : au milieu des boules et des guirlandes apparaissait, immobile, une tête noire : Basile.

Confortablement installé, il observait attentivement tout ce petit monde qui fêtait Noël chez lui. Nullement impressionné par les flashes, il gardait la pose. Une photo, particulièrement réussie, fut utilisée comme carte de vœux. L'idée était excellente et avec l'accord d'Eliane, des tirages furent réalisés. Plusieurs centaines de cartes furent vendues à l’occasion de la nouvelle année au profit de l’Association.

Depuis un bébé chat tigré trouvé errant dans un terrain vague lui tient compagnie. C'est une chatte et Basile se charge de son éducation. Il essaie de l’entraîner dans ses frasques sans grand succès : n’est pas artiste qui veut.

 

 

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